Déclaration de Whistler sur le renforcement du pouvoir des adolescentes pour favoriser le développement durable

L’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles sont des objectifs en soi. Ils sont essentiels pour permettre l’éradication efficace et durable de la pauvreté à l’échelle mondiale et doivent être enseignés avant que les attitudes et les normes négatives liées au genre et à la culture ne soient apprises. Nous devons envisager les droits et les besoins des filles et des femmes d’une manière qui soit intégrée, et ce, tout au long de leur vie, de l’enfance à l’âge adulte, jusqu’à la vieillesse. L’adolescence est un passage essentiel et prometteur au cours duquel les filles peuvent avoir la chance d’être propulsées à l’avant-plan en tant qu’agentes de changement, mais les besoins spécifiques des adolescentes restent pour la plupart non satisfaits.

Les jeunes sont nombre de plus en plus important dans les pays en développement, et le nombre d’adolescents et de jeunes adultes y est à un sommet. Les adolescentes dont les droits fondamentaux sont respectés et qui ont les outils et les occasions nécessaires pour réaliser leur plein potentiel peuvent contribuer à l’éradication de la pauvreté et favoriser la transformation sociale et la croissance économique inclusive. Lorsque les pays investissent dans les adolescentes, ils investissent dans un dividende démographique qui leur profitera pendant des décennies. Cependant, la discrimination et les préjugés sociaux bien ancrés – lesquels peuvent être exacerbés dans les États fragiles ou en situation de conflit ou d’aide humanitaire – continuent de porter atteinte à leur capacité de prise de décisions ainsi qu’à leur participation à la vie politique et économique et de société.

Il sera donc primordial de libérer le potentiel d’une génération d’adolescentes pour réaliser l’ambitieux Programme 2030 ainsi que pour contribuer à la paix, à la prospérité et à l’égalité. Lorsqu’elles ont la possibilité d’acquérir des connaissances et des compétences, d’accéder à des réseaux sociaux, à des occasions et à des services pour réussir dans la vie, et faire des choix informés, les adolescentes ont tendance à se marier et à avoir des enfants plus tard, ainsi qu’à être en meilleure santé et à mieux réussir sur le plan économique, ce qui se traduit par un pays plus fort, plus inclusif et plus prospère.

Les ministres du G7 responsables de l’action humanitaire et de l’aide au développement :

  • adopteront des approches intégrées en ce qui concerne leur appui à l’égard des adolescentes, y compris dans les États fragiles ou en situation de conflit ou d’aide humanitaire, afin d’éliminer les multiples obstacles au renforcement du pouvoir, à l’inclusion et aux occasions notamment :
  • l’accès aux droits de la personne et l’exercice de ces droits;
  • la participation pleine et égale dans la société, tout en veillant à ce que leur voix soit prise en compte;
  • la possibilité pour les filles et les femmes d’avoir accès à une éducation sûre, de qualité, inclusive et équitable ainsi que de pouvoir compléter au moins 12 années d’études, de leurs premières années jusqu’à la fin du secondaire, conduisant à de meilleurs résultats d’apprentissage, y compris un enseignement et une formation techniques et professionnels axés sur la demande;
  • la prévention de la violence sexuelle et fondée sur le genre, y compris les mariages d’enfants, précoces et forcés, l’excision/la mutilation génitale féminine et la violence dans les écoles ainsi que l’intervention en pareilles circonstances;
  • la promotion et la protection de la santé et du mieux-être des adolescentes par le truchement de soins de santé ainsi que d’information sur la santé fondés sur des données probantes;
  • l’appui visant à ce que les adolescentes bénéficient d’une alimentation saine et riche en micronutriments, de manière à favoriser leur développement;
  • le soutien à l’accès à des produits et services d’assainissement et d’hygiène appropriés;
  • des approches, des politiques et des services accessibles aux adolescentes handicapées et leur participation à la société;
  • soutien aux familles pour surmonter les obstacles financiers en ce qui concerne les adolescentes les plus pauvres afin de leur permettre de terminer leurs études, ce qui mène à de meilleurs résultats, y compris concernant la pauvreté, la faim, l’éducation, la santé, la prévention de la violence et le renforcement du pouvoir économique.
  • feront la promotion d’approches intégrées qui soutiennent les droits et les besoins des adolescentes dans une multitude de secteurs, y compris la santé et la nutrition, l’éducation, la violence sexuelle et fondée sur le genre et le leadership et qui appuient également la transition vers un travail décent à salaire égal, et mettront ces approches à l’essai;
  • se feront les défenseurs de la voix des filles et de leurs capacités de leadership, en plus d’y consacrer des fonds, notamment en finançant des organisations dirigées par des femmes et des jeunes;
  • collaboreront avec les parents et les familles, les communautés et les institutions (y compris la société civile, le secteur privé, les chefs traditionnels et religieux, les organisations confessionnelles et les organisations de défense des droits des femmes et celles dirigées par des jeunes) et les hommes et les garçons dans le but de lutter contre la discrimination et d’éliminer les obstacles sociaux et institutionnels qui empêchent les adolescentes d’exercer leurs droits et qui nuisent au progrès dans tous les secteurs associés au développement;
  • travailleront avec les partenaires des pays en développement, dont les organisations dirigées par des femmes et des filles, afin de veiller à ce que les besoins et les droits des adolescentes, y compris celles issues de peuples autochtones, soient pleinement intégrés dans les politiques nationales et les services publics;
  • collaboreront avec les gouvernements, les institutions financières internationales, les Nations Unies et la société civile de manière à renforcer et à centraliser les données et les systèmes de responsabilisation afin que les interventions soient fondées sur des données probantes, et faire rapport sur les investissements ciblant les adolescentes, y compris la collecte, l’utilisation et la diffusion de données ventilées par âge et par genre, au besoin, par d’autres facteurs identitaires tels que la race, l’origine ethnique, la religion, l’âge et le handicap mental et physique.