Femmes d’action

Tellement d’histoires incroyables peuvent nous amener à croire à l’égalité des sexes et à agir pour changer les choses. Pendant la présidence canadienne du G7, découvrez comment les femmes et les filles peuvent accomplir de grandes choses lorsqu’elles jouissent d’une pleine égalité au chapitre de la liberté d’expression, des droits et de l’accessibilité.

MME LEGAULT : Depuis que je suis toute petite je vis dans la vaisselle de mon père, dans les vases, les pots, les bols de mon père. Alors, c’est sûr qu’inconsciemment c’est venu m’habiter.

Je suis Esther Legault et je suis potière. C’est difficile, hein, à dire? Bien, oui, parce que je suis tellement toutes sortes d’affaires. Charlevoix, pour moi, c’est un choix, un choix de vie. Je voulais travailler avec mon père et je voulais vivre dans Charlevoix.

Mon père était potier. C’est lui qui m’a montré mon métier de potière. Ma mère avait amené mon père, jadis, à Port-au-Persil puis quand il avait vu l’endroit il avait dit : ah; moi, je veux venir m’installer ici un jour. Et malheureusement, il est décédé tôt.

Je n’étais pas certaine de vouloir faire de la poterie mais ma mère a eu besoin de moi. Mon père était l’âme, je dirais, de la poterie de Port-au-Persil, mais ma mère était l’âme aussi, dans le sens où c’est elle qui était la grande entrepreneuse de cette histoire-là.

J’ai été propriétaire de la poterie de Port-au-Persil, donc il y a fallu que j’aie cette fibre-là, à l’intérieur de moi. Je fais de la poterie traditionnelle et fonctionnelle; des tasses, des assiettes, des bols, des — tout ce qu’on peut utiliser, qui est utilitaire.

J’utilise comme argile la porcelaine et le grès, mais je n’ai aucune idée du nombre de morceaux que j’ai pu tourner dans ma vie (rires). Je n’ai aucune idée.

Lorsque j’ai eu mes enfants je travaillais à temps plein. Je n’ai jamais arrêté de faire de la poterie. Tout le temps, les 25 années où j’ai fait de l’orthopédagogie, j’ai toujours eu mon atelier. J’ai tellement aimé avoir des enfants. Je sais quelque chose, c’est que c’est une des plus belles réalisations de ma vie, avoir des enfants; ça, c’est sûr.
Mais l’orthopédagogie, ça a été aussi une passion. Ça a été l’endroit où je me suis — où j’ai utilisé tout mon potentiel comme personne.

J’aurais un conseil à donner aux jeunes femmes d’aujourd’hui. Le conseil que je leur donne c’est de s’aimer elles-mêmes, telles qu’elles sont. Elles sont belles. Elles sont merveilleuses, avec tous leurs défauts et toutes leurs qualités. Voilà! (rires)

Esther Legault - L'art de vivre

Patricia Deslaurier - Donner le ton

Audrée Bélanger : L’effet que Geneviève m’a fait quand je l’ai rencontrée la première fois, j’ai vu une femme forte avec du caractère. Pis des passions, surtout.

Geneviève Jodoin : Du plus loin que je me souvienne, la musique a toujours fait partie de ma vie. Je suis Geneviève Jodoin et je suis une entrepreneure.

Geneviève Jodoin : Un moment donné on a quitté Montréal, mon chum, ma famille au complet, les 3 enfants. On a décidé de venir s’installer dans Charlevoix. On a complètement changé de vie. L’auberge, le fait qu’on ait cet endroit-là, ça devient un espèce de point tournant pour tous les autres projets. Ça crée un lieu de rassemblement pour toutes sortes de projets. Ce qui me nourrit en fait c’est le fait de partager tout avec mon chum. L’un sans l’autre, on est capables de faire des choses, des belles choses, mais ensemble on fait des miracles. Ma mission c’était justement de faire découvrir des nouveaux artistes; pis je pense que je réussis. J’ai jamais eu à me poser des questions avec la musique.

Audrée Bélanger : C’est une grande voix, une grande chanteuse, beaucoup de talent.

Geneviève Jodoin : J’étais toute petite, j’avais 6 ans, je chantais dans la chorale. Puis à ce moment-là j’étais tellement timide que je pensais jamais en faire un métier. Mais je suis allée de l’avant quand même. J’ai vraiment affronté mes peurs. J’ai défoncé des portes que je pensais jamais ouvrir. C’est ce que je leur dirais aux petites filles qui sont timides et qui pensent qu’elles seront pas capables de faire quelque chose. Tout est possible, si tu y crois vraiment, il faut juste avancer sans se poser de questions.

Geneviève Jodoin - Suivre sa voix

Geneviève Jodoin, musicienne et propriétaire de l’Auberge La Fascine, explique qu’il faut avancer sans se poser de question pour atteindre ses buts.

Aniska Picard-Perron : Le fait d’être autochtone en fait ça a changé beaucoup de choses au niveau de ma culture générale.

Mon nom est Aniska Picard-Perron et je suis une entrepreneure.

Je suis propriétaire de la clinique O’Terra située à Wendake, Québec.

Quand j’étais petite, j’ai toujours su que j’allais devenir entrepreneure, mais en fait je pourrais même dire que quand j’étais petite, j’étais entrepreneure.

Pierre Picard : Assez tôt elle s’est mis au travail.

Elle a fabriqué des petites débarbouillettes.

Elle passait ses grandes journées le samedi et dimanche en avant de la maison  avec une petite table.

Aniska Picard-Perron : En tant que huronne-wendat, autochtone, j’ai grandi dans un milieu où les produits naturels étaient beaucoup mis de l’avant.

Depuis que je suis jeune en fait le contact avec la nature c’est très important pour moi.

C’est plus tard que j’ai décidé de me lancer vraiment dans les produits naturels pour transmettre ma passion au plus de gens possible.

De rendre les gens heureux autour de moi pis de partager pis d’aider les gens à être mieux dans leur corps, ça fait vraiment partie des belles parties de mon métier.

Quand j’étais petite, mes modèles, c’était mes parents. Mes parents sont entrepreneurs, ils ont une entreprise. Ça été des gens super travaillants.

Ça m’a beaucoup inspiré pour créer ma vie d’adulte.

Pour les gens qui veulent se partir en affaire, les femmes, le conseil que je peux vous donner, c’est allez-y, faites-vous confiance et entourez-vous des bonnes personnes.

On est tous des humains à part entière. Peu importe, qu’on soit une femme ou un homme, je crois qu’on devrait tous avoir droit au même traitement, aux mêmes services.

Aniska Picard-Perron - Renouer avec ses racines

Aniska Picard-Perron, propriétaire de la Clinique O’Terra, située à Wendake, nous parle de l’importance de s’entourer des bonnes personnes.

Geneviève Jodoin : Quand j’ai connu Catherine, les gens me pointaient du doigt : « C’est elle l’athlète, c’est elle qui fait du kitesurf, c’est elle la championne mondiale ».

Catherine Dufour : C’est sûr que je suis une fille de projets, j’aime partir d’idées et les concrétiser.
Mon nom est Catherine Dufour et je suis une entrepreneure. Je suis cofondatrice et propriétaire de Suroît Aventures. C’est une école-boutique de kitesurf située sur l’Isle-aux-Coudres dans Charlevoix.
Quand j’étais petite, mes amies jouaient à la Barbie, moi je préférais la piscine, à jouer dans l’eau. Bin en fait moi la première fois que j’ai vu quelqu’un faire du kitesurf, je suis devenue obsessive par rapport à ça je voulais absolument en faire. Le feeling que ça donne quand on est là. On peut pas penser à autre chose. On est juste connectés à ce qu’on fait.
Le côté entrepreneur je pense que ça s’est développé récemment. On trippe à faire ce qu’on fait à tous les jours. On a des idées pour s’améliorer, des idées pour faire mieux les choses.
J’ai plusieurs modèles, premièrement ma mère qui est une personne qui a innové beaucoup, qui est toujours très très positive. J’ai un cercle d’amies femmes assez incroyable.

Geneviève Jodoin : Catherine c’est une fille lumineuse, joyeuse, une fille pleine, justement, d’entrain.

Catherine Dufour : Personnellement, le fleuve c’est important. Pis aussi à travers tout ce qu’on fait avec notre entreprise de Suroît Aventures. Notre mission c’est de redonner le fleuve aux gens. Pis dans sa préservation c’est sûr que c’est super important.
Le kitesurf c’est vert, ça fait pas de bruit, c’est beau à regarder. Si j’avais un message à partager aux jeunes filles c’est que tout est possible. De pas avoir peur pis de juste être dans la confiance. Vraiment y’a des choses qu’on peut pas imaginer qui sont atteignable. Tout ce que vous voulez faire, c’est possible.

Catherine Dufour - Avoir le vent dans les voiles

Catherine Dufour, kitesurfeuse professionnelle et cofondatrice et propriétaire de l’école de kitesurf Suroît Aventures située sur l’Isle-aux-Coudres, nous parle de confiance et d’ambition.

Danielle Ricard - Cultiver ses passions

Occupation

Copropriétaire de Champignons Charlevoix à La Malbaie, Culture intérieure de pleurotes et fabrication de produits transformés à base de champignons et agro-tourisme.

Relation avec Charlevoix

J’y suis née ! J’y ai passé mon enfance et mon adolescence. Comme il n’y avait pas de cégep à l’époque, je suis partie à l’extérieur pour continuer mes études. J’ai étudié à Jonquière, Chicoutimi, Ottawa, Québec et Montréal. J’ai adoré Montréal si bien que j’y suis demeurée pendant de nombreuses années. Mais à l’âge de 40 ans, j’ai eu le goût de revenir dans ma ville natale, La Malbaie, où demeuraient encore mes parents.

Partir du Plateau Mont-Royal pour se retrouver du jour au lendemain dans le « fond du Grand-Fonds »… il y avait, dans cette nouvelle vie, assez d’espace pour « faire du bruit » sans déranger et pour réaliser un rêve : devenir entrepreneure dans une région touristique extraordinaire.

Danielle Ricard - Cultiver ses passions

Je rêvais de devenir…

Artiste et vivre à New York. J’ai fait toutes mes études en arts jusqu’à la maîtrise. J’ai fait des expositions, j’ai réalisé beaucoup d’œuvres et puis un jour, je suis allée en Afrique. C’est alors qu’il s’est produit un profond changement en moi qui m’a fait abandonner ma « carrière » d’artiste, pour mille raisons…

Devenir entrepreneure, moi?

Non, je n’aurais jamais imaginé devenir entrepreneure! C’est mon retour dans Charlevoix qui a favorisé ce choix de vie. Je me suis retrouvée à 40 ans avec du temps, de l’espace, une tonne d’énergie et, avec mon conjoint, on s’est lancé un grand défi : faire de la culture des pleurotes au Québec une entreprise rentable.

Des modèles?

Mon père a été plutôt inspirant. Mais personnellement, je n’ai jamais vraiment eu d’ « idoles » dans quelque domaine que ce soit. Même durant ma jeunesse, je n’avais pas, contrairement à mes ami(e)s, de collections de photos d’artistes, de comédiens ou autres. Mais j’admirais d’une façon toute particulière les gens qui « faisaient » des choses, qui « entreprenaient », qui osaient le changement, qui faisaient « autrement ». J’admirais la fierté des personnes qui avaient réussi à briser des barrières, à se déstabiliser elles-mêmes, à se relever… J’aimais – et j’aime encore – lire et entendre leurs histoires.

Franchir des obstacles

Comme pour tous les entrepreneurs, j’ai eu mon lot d’obstacles à franchir. Mais quand on est porté par un rêve, on ne voit pas – et heureusement – l’énormité des efforts à fournir pour y arriver. On en prend conscience plus tard, une fois qu’on a tout mis en place et que ça fonctionne. Et là, quand on regarde tout le chemin parcouru, toutes les portes qu’il a fallu ouvrir, les petits échecs, les déceptions, les grands bonheurs, on a raison d’être fiers.

Je suis une femme

Je fais donc les choses différemment. Je crois que les femmes sont plus attentives aux autres, qu’elles ont une manière différente d’entreprendre, qu’elles foncent plus doucement et que, si elles doivent faire un peu de dégâts pour réaliser leurs rêves, elles le font en ramassant les miettes autour, à mesure. Mais là je parle pour ma génération. J’ai grandi dans un monde où tous les postes de décision et où les modèles proposés étaient presque exclusivement masculins. Je n’ai pas l’impression que mon parcours a été plus long, mais il a été plus ardu au démarrage.

Et il y a toujours ce désir inconscient mais très présent d’harmoniser le « paraître » et « l’être » pour que ma voix soit entendue.

Un conseil?

Foncer. Croire en ses possibilités, oser, et surtout être fières de nos réalisations. Je suis convaincue que les femmes feront un grand bien aux sociétés dans lesquelles elles vivent lorsqu’elles y seront présentes à part égale. Parce qu’elles font les choses autrement.

Manon Lavoie - Garder le Cap

Décrivez votre occupation

Je suis directrice générale des activités de construction et de réparation navales d’Océan. CRN est un regroupement de quatre compagnies et d’une équipe d’ingénierie. Les quatre compagnies sont les suivantes :

  • Industries Océan, un chantier maritime situé à l’Isle‑aux‑Coudres, dans la région de Charlevoix;
  • Fabrication navale Océan, un atelier de fabrication navale situé dans le port de Québec;
  • Réparations navales et industrielles Océan est située à Québec et comprend un atelier de fabrication et une équipe multidisciplinaire qui exécute des contrats de réparation navale à flot.
  • Océan Nouveau‑Brunswick est un chantier maritime situé à Bas-Caraquet, au Nouveau‑Brunswick.

L’équipe d’ingénierie est composé d’architectes navals, d’ingénieurs et de techniciens basés principalement à Québec. Notre groupe compte environ 300 employés.

Manon Lavoie - Garder le Cap

Décrivez votre relation avec la région de Charlevoix

Je suis native de la région de Charlevoix. Plus précisément de Petite-Rivière‑Saint‑François. Je l’ai quittée seulement le temps de mes études à Rimouski. J’ai eu la chance de débuter ma carrière au chantier maritime de l’Isle‑aux-Coudres, dans ce que j’avais étudié. J’ai la chance de pouvoir faire un métier que j’adore dans une entreprise exceptionnelle et tout ça dans Charlevoix. Je me considère vraiment être une femme privilégiée!

Lorsque vous étiez jeune, du plus loin que vous vous souvenez, que rêviez-vous de devenir?

Je suis issue d’une famille de marins. Enfant j’ai eu la chance de passer mes étés avec mon père sur son navire où il était capitaine. Et mon père prend toujours plaisir à dire aux gens que dès l’âge de 3 ans je disais à tout le monde que lorsque je serai grande je construirais des bateaux.

Aviez-vous imaginé devenir entrepreneurs ou auriez-vous pu imaginer occuper le rôle que vous occupez maintenant?

Non, jamais je n’aurais imaginé un jour devenir DG. Ça n’a jamais été non plus mon souhait. Je n’aspirais pas devenir un jour DG d’entreprise. Mes patrons m’ont fait confiance et j’ai gravi les échelons.

La seule chose dont j’étais convaincue c’est que je construirais des navires.

Pouvez-vous nous résumer le parcours ou le chemin qui vous a amené à occuper le rôle professionnel que vous avez aujourd’hui?

Je me suis jointe à l’équipe du chantier maritime de l’Isle‑aux‑Coudres à l’été 1990 à titre de stagiaire en architecture navale. J’y suis encore depuis maintenant 28 ans. J’étais la première femme à y travailler. J’ai occupé à peu près tous les postes ! Dessinatrice, chef d’équipe, estimateur, chargé de projet, de directrice de département de dessin, directrice des opérations jusqu’à DG. Par la suite on m’a confié la gestion d’autres unités d’affaires au sein de Groupe Océan.

Avez-vous eu ou avez-vous des modèles, ou des personnes qui vous inspirent ou qui vous ont inspirée? Si oui, pouvez-vous nous en parler?

J’ai n’ai pas de modèle précis qui m’a inspiré à devenir ce que je suis. J’ai plutôt puisé mon inspiration auprès de ma famille, de mon conjoint et de mon entourage proche en qui j’ai confiance et qui m’ont toujours encouragée et appuyée dans ma carrière. Mes patrons, Jacques Tanguay et Gordon Bain, m’ont eux aussi beaucoup m’inspirée et coachée. J’ai une grande confiance et une beaucoup d’admiration envers eux et j’apprécie la confiance qu’ils ont en moi.

Avez-vous eu à franchir des barrières ou obstacles pour arriver à être qui vous êtes aujourd’hui? Si oui, pouvez‑nous nous les décrire?

À quelques reprises j’ai dû travailler avec des hommes qui n’aimaient pas travailler avec ou pour une femme. Il m’a fallu être plus stratégique, plus efficace, plus habile. Ça ne m’a pas freiné, mais heureusement ce n’est pas arrivé souvent! Ça aurait pu être des femmes aussi, mais elles se font plutôt rare dans mon milieu.

Pensez-vous que votre chemin ou parcours professionnel a été plus long ou difficile qu’il aurait pu l’être pour un homme parce que vous êtes une femme?

Je me fais souvent poser cette question de différentes manières et ça me fait toujours un peu sourire.

Dans mon cas je ne pense pas que mon parcours a été plus long parce que je suis une femme, mais mon parcours n’a pas été plus facile parce que je suis une femme.

Je dirais que j’ai peut-être dû faire davantage mes preuves, mais je ne me suis pas préoccupé de ça. Ça ne m’a pas mis de véritable barrière.

J’ajouterais que c’est moi qui ai choisi parfois de ralentir mon parcours. Ce n’était pas une question d’être un homme ou une femme, mais un choix.

Si vous aviez la chance de donner un conseil ou des conseils à la jeunesse, aux jeunes femmes qui liront ce texte quels seraient-ils?

Faites-vous confiance et croyez-en vous.

Investissez-vous pleinement dans ce que vous aimez et vous passionne. Il faut travailler dur et s’invertir car rien ne tombe du ciel.

Ne vous mettez pas de barrières parce que vous êtes une femme, au contraire n’oubliez pas que vous êtes une femme et foncez!

Élodia Rozier : Marilyne en fait c’est la personne la plus dynamique que je connaisse. Elle est jamais assise, elle parle avec tout le monde, elle est toujours souriante peu importe la journée.

Marilyn Tremblay : Dans mon sens à moi, quand on veut, on peut. Une étape à la fois. Je suis Marilyn Tremblay. Je suis une entrepreneure. Je suis présidente et membre fondatrice du Mousse Café, coopérative de solidarité à Baie-Saint-Paul. Les 5 membres fondateurs on a tous été récemment en congé parental et on s’est rendu compte qu’il y avait peu d’endroits dans Charlevoix ouverts 7 jours sur 7 où on se sentait à l’aise d’aller décompresser Notre mission c’est d’être un lieu d’échange, de créativité et de divertissement.

Sandra Tremblay : Je viens au Mousse Café depuis l’ouverture avec mes deux garçons. Parce que le Mousse Café c’est un lieu où on se sent comme chez nous.

Marilyn Tremblay : Ce qui est beau avec le Mousse Café c’est qu’on a tous commencé et qu’on a tous appris en même temps. Quand jétais petite, j’aurais jamais pensé finir entrepreneure.Je n’aurais jamais imaginé atterrir dans Charlevoix. Finalement, bon, on est tombé en amour avec la région.En ce moment une de mes modèles c’est Johanne Côté qui est directrice générale de la Chambre de commerce de Charlevoix. Elle me donne des trucs. J’apprends énormément à ses côtés. Aux jeunes filles, j’aimerais leur dire : pourquoi pas toi? C’est vraiment d’avoir confiance, de jamais perdre l’objectif de vue et de se dire, pourquoi pas, vous êtes capables.

Marilyn Tremblay - Mettre sa créativité au menu

Marilyne Tremblay, présidente et membre fondatrice du Mousse Café, une coopérative de solidarité située à Baie-Saint-Paul, nous invite à ne jamais perdre l’objectif de vue.

Raymonde Tremblay - Éveiller la curiosité

Quelle est votre occupation?

Je suis propriétaire et fondatrice du Centre de l’émeu de Charlevoix, à Saint‑Urbain. Je suis aussi l’instigatrice de l’économusée de La Huilière, qui sera complété en 2019 ici à Saint‑Urbain.

Quelle est votre relation avec Charlevoix?

Je suis née et j’ai grandi à Saint‑Urbain, sur la terre familiale. Mes parents étaient agriculteurs. J’ai quitté la région pour entreprendre mes études et obtenir un baccalauréat en sciences de la santé, option nutrition, et débuter ma carrière. J’ai travaillé plusieurs années avant de revenir aux sources et m’établir sur la terre familiale pour démarrer mon entreprise de production agricole spécialisée dans l’émeu, un animal exotique pour la région.

Raymonde Tremblay - Éveiller la curiosité

Aviez-vous imaginé devenir entrepreneure?

Pas du tout. Pendant et après mes études, j’ai travaillé dans le domaine de la santé. J’ai aussi eu ma propre compagnie de gestion. J’ai toujours été très active et je souhaitais poursuivre mon développement, alors j’ai entrepris un MBA. J’aspirais à devenir cadre supérieure dans le réseau de la santé. Un ensemble de circonstances a fait bifurquer mon parcours vers l’entrepreneuriat. J’ai toujours aimé la terre et les animaux, mais cela ne faisait pas partie de mon plan de carrière initial.

Vous gérez aujourd’hui l’une des plus grandes fermes d’émeus au Canada. Comment s’est concrétisé votre projet d’entreprise?

En 1997, l’émeu est arrivé dans ma vie vraiment par hasard. Je n’y connaissais rien. J’étais passionné par le développement des affaires et je voulais mettre sur pied un projet en lien avec mes valeurs et dans lequel j’allais me réaliser. La compagnie de gestion que j’avais à l’époque avait obtenu le mandat de réaliser une étude de marché pour un nouveau produit alimentaire. Cela a occasionné mon premier contact avec ce grand animal d’Australie.

Comme diététiste, ce fut sa viande rouge faible en gras et riche en fer qui m’a interpellée. J’ai découvert ses qualités nutritives et gustatives.

Mon premier plan d’affaire portait d’ailleurs principalement sur la viande et la vente des animaux. Je croyais que la viande serait notre salut et que nous développerions le marché.

Mes trois associés de l’époque et moi avons d’abord acheté quarante oiseaux. Nous en avons maintenant entre trois et quatre cents selon les saisons. Et c’est grâce aux produits de soins pour la peau, à base d’huile d’émeu que l’entreprise a pris de l’expansion.

On parle de plus en plus d’innovation. Il y a vingt ans en choisissant l’émeu d’Australie, on peut dire que vous avez innové?

Je pense que oui! J’ai tout de suite vu le potentiel de l’émeu. Tout de l’émeu est bon pour la santé et ça rejoignait mes valeurs. Ainsi, je continuer à prendre soin des gens comme ce fut le cas avec la diététique.

J’ai innové en valorisant totalement l’émeu pour sa viande et pour son gras qui a des propriétés bienfaisantes pour la peau. Après des années de recherche et développement, nous avons réussi à rendre l’huile inodore en gardant les bons gras, ce qui nous a permis de développer une excellente gamme de produits corporels entièrement naturels et bienfaisants.

Qu’est-ce que qui distingue votre entreprise des autres?

Avec mon équipe je crois avoir amené notre offre à un niveau supérieur. Notre produit est unique et 100 % québécois. On parle d’une production totalement intégrée et naturelle, sans hormones de croissance ni antibiotiques. La qualité de notre viande est exceptionnelle. En décembre 2017, nous mettions en marché une nouvelle gamme de produits corporels dont je suis particulièrement fière tant au niveau du contenant que du contenu entièrement naturel avec des ingrédients et des agents de conservation bénéfiques pour le corps et la peau.

Le développement de votre entreprise se poursuit avec la création d’un économusée de l’émeu?

Depuis 2010, je rêvais de regrouper nos opérations à la ferme de Saint-Urbain. La création de l’économusée de La Huilière permet d’y intégrer une boutique renouvelée et un centre de transformation, d’interprétation et de dégustation. Le nouveau bâtiment sera inauguré à l’été 2018 et complété au printemps 2019.

Je suis très heureuse que le projet se concrétise pour mettre en valeur toutes les facettes de l’émeu tant au point de vue nutritif que pour ses propriétés bienfaisantes. Il est important pour moi de pouvoir informer le public et de faire découvrir cet animal merveilleux encore trop peu connu.

Avez-vous eu un modèle qui a teinté votre parcours?

Ma mère est un modèle! Mon père nous a malheureusement quittées trop tôt, il avait 53 ans. Après son décès, ma mère a dû se départir des animaux tout en conservant la ferme. Malgré mon intérêt, à ce moment de ma vie familiale et professionnelle, le timing n’était pas le bon pour que je reprenne le flambeau. Ma mère avait de multiples talents et elle a ouvert un gîte du passant. Elle est un modèle d’entrepreneure. Je l’ai toujours vu travailler très fort. C’est elle qui a démarré le volet cadeau en décorant des savons avec de la plume d’émeu.

Pourquoi est-ce important pour vous de contribuer au développement de la région?

Je suis fière d’être l’un des partenaires actifs de la région et que mon entreprise contribue à faire découvrir Saint‑Urbain et à assurer la pérennité du patrimoine familial ou six générations de Tremblay ont œuvré avant moi.

L’arrivée de l’économusée positionnera davantage l’entreprise dans le secteur agrotouristique et attirera ainsi une nouvelle clientèle. Je planifie travailler avec les gens d’ici, développer une entreprise de niche et promouvoir la région de Charlevoix sur les scènes nationale et internationale.

Si vous aviez la chance de donner un conseil à la jeunesse, aux jeunes femmes qui liront ce texte quel serait-il?

Il faut croire en ses rêves, être passionnée et déterminée. Si tu ne crois pas en ton projet, tu n’iras nulle part. Il faut aussi s’entourer de personnes complémentaires qui partagent les mêmes valeurs.

On ne construit pas une entreprise comme la mienne seule. C’est un véritable travail d’équipe!

Vous avez déjà réalisé plusieurs projets, en avez-vous d’autres sur votre liste?

À moyen terme, je souhaite en assurer une pérennité et… si possible aller en Australie pour y rencontrer la terre d’origine de l’émeu et les acteurs locaux.